La langue bretonne

 

 

Le breton (Ar Brezhoneg) est une langue celtique du groupe brittonique. Elle est dite insulaire, c’est-à-dire issue des langues de Grande-Bretagne. Son histoire en Bretagne commence à la fin de l’Antiquité et la langue s’y implante probablement au cours du Ve siècle à la faveur de migration de populations britto-romaines.

Cette langue est traditionnellement parlée dans la partie occidentale de la Bretagne (à partir de Saint-Brieuc au nord et de Vannes au sud), bien que pratiquée par une partie de la population seulement. De nos jours, la Bretagne compte deux langues régionales aux origines assez différentes, en plus du français : le breton, langue celtique parlée principalement en Basse-Bretagne, et le gallo, d’origine des langues d'oïl (dont est issu le français) en Haute Bretagne. Une personne qui parle breton est dite « bretonnante », terme ancien en français. Cependant, est apparu depuis quelques années dans les médias le terme encore peu employé « brittophone. »

Des controverses sur l’état de la langue bretonne existent, comme dans la plupart des langues, entre les partisans d’un breton populaire et les partisans d’une langue n’utilisant pas ou très peu d’emprunts au français. De plus, ces controverses portent aussi sur l’écriture de la langue, entre l’écriture dite « unifiée », ou littéralement « à l’unification parachevée » (peurunvan), dite aussi KLTG (pour Kerne, Leon, Treger, Gwened, c’est-à-dire des parlers bretons en Cornouaille, Léon, Trégor et Pays vannetais), créée dans le but de faire une synthèse de ces quatre parlers ; celle dite « universitaire » (skolveurieg), basée sur la phonologie, elle regroupe le KLT d’un côté et possède une variante pour le parler vannetais ; et celle dite « interdialectale » (etrerannyezhel), basée sur l’étymologie et dont le but, de la même façon que l’écriture dite unifiée, est de faire une synthèse des parlers KLTG en un système orthographique cohérent.

Sources : Article Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Breton

 

 

 

 

Il ne faut surtout pas confondre le Breton avec le Gallo qui elle est une langue romane apparentée au Français et parlée dans l'Est de la Bretagne.

 

Photo : © Kervarker

 

 

Comme le montre la carte, la frontière linguistique orientale du Breton a reculé au cours de l'Histoire au fur et à mesure qu'augmentait l'influence de notre puissant voisin francophone. De même, sous l'influence des media, le gallo s'est francisé.

 

L'histoire de la langue bretonne commence avec l'apparition des Bretons dans l'île de Bretagne au 6ème siècle avant JC. Ces peuples celtes succédaient ainsi aux Goidels (ou Gaels) et aux Pictes. Après la vaine tentative d'invasion de la Bretagne par César en 56 avant JC, c'est un siècle plus tard, en 60, que les Romains prirent pied dans l'île et soumirent les Bretons. Mais contrairement aux Celtes du continent (Gaulois) les Bretons surent conserver leur langue .

 

De Bretagne en Armorique

A la chute de l'empire romain des vagues successives de bretons émigrèrent en Armorique et y fondèrent des royaumes qui bientôt s'unirent sous Nominoe contre l'ennemi frank (845 bataille de Ballon).
Dans l'île de Bretagne les royaumes bretons s'écroulaient peu à peu sous la poussée saxonne, et leurs combats donnèrent naissance à la légende arthurienne.
Cette langue bretonne ancienne, ou brittonique, que l'on parlait du sud de l'Ecosse à l'embouchure de la Loire (de Dumbarton à St Nazaire) se divisa alors en 3 branches: le gallois et le cornique dans l'île, et le breton proprement dit sur le continent, d'où disparaissait le gaulois.

 

Du brittonique au breton

L'histoire de la langue bretonne se divise en 3 périodes :

     1.  celle du vieux breton avant l'an 1000 ; de cette époque (fin du VIII ème siècle) date le plus ancien manuscrit en langue bretonne, conservé à Leyde (Pays-Bas), antérieur de près d'un siècle au plus ancien texte répertorié en français ;

     2.  celle du moyen breton, de l'an 1000 au XVII ème siècle, qui verra l'édition du Catholicon de Jehan Lagadeuc, premier dictionnaire breton-français-latin en 1499 ;

     3.  celle du breton moderne, qu'illustrera au XIX ème la parution du Barzaz Breiz de La Villemarqué (1849).

 

Au début du 20 ème siècle, la littérature s'honorera des noms de Malmanche pour le théâtre et de Kalloc'h pour la poésie. Puis le mouvement GWALARN, fondé par Roparz Hemon, sera à l'origine d'une littérature bretonne moderne, avec le conteur Jakez Riou et les romanciers Abeozen et Youenn Drezen.

Après la dernière guerre la revue littéraire Al Liamm reprend le flambeau de Gwalarn et continue , avec d'autres, la publication des oeuvres de nouveaux écrivains .

 

Le Breton moderne

En 1908 eu lieu la première unification orthographique, celle des 3 dialectes de Cornouaille, Leon et Tregor (KLT), alors que le Vannetais conservait sa graphie.
En 1941 eu lieu une deuxième unification orthographique avec les Vannetais (KLTG). Cette orthographe unifiée est celle qui est aujourd'hui adoptée par la grande majorité des publications et des enseignants de breton. Elle est caractérisée par l'emploi, du zh, dans Breizh et brezhoneg par exemple.

 

Statut du breton dans l'éducation

En 1951, la loi Deixonne autorisait l'enseignement du breton , jusque là interdit.
En 1976 était créée la première école maternelle DIWAN, avec une 1/2 douzaine d'élèves. Diwan scolarise en 1994 plus de 1500 élèves de la maternelle au collège, et prévoit l'ouverture de nouvelles écoles et collèges tout en préparant l'ouverture d'un lycée. En 2000, l'association compte un lycée et trois collèges.
En 1978 l'enseignement du breton était autorisé comme LV2, puis comme LV3 en 1982.
En 1981 la licence de breton était créée, en 1986 le CAPES, mais il fallait attendre 1989 pour obtenir la création du DEUG.
En 1993 les gouvernements français successifs, de gauche et de droite, refusent de signer la Charte Européenne des Langues Minoritaires et de reconnaître les Droits Linguistiques des bretons.
Après ceux de Diwan, les collégiens de la filière bilingue du collège Charles Le Goffic de Lannion se sont vu refuser le droit de passer l'épreuve d'histoire et géographie du brevet des collèges en breton.

 

Dans la vie publique.

Il n'y a pas de statut officiel pour le breton dans la vie publique. Et le fait que tous les gouvernements, de gauche ou de droite, ont toujours refusé l'idée même d'un débat au Parlement sur un statut des langues dites "régionales" en dit long sur le degré d'ouverture des pouvoirs publics sur un tel sujet.
D'après la Constitution (révisée) de la Vème République, "le français est la langue de la République". La langue bretonne serait donc un anachronisme de l'Ancien Régime, et l'on se souviendra du discours de Barrère à la Convention : "la superstition parle bas-breton". Le français bénéficie donc, contrairement au breton qui n'existe pas légalement,de la protection de la constitution et des lois, car si tous les citoyens sont égaux, une seule langue est plus égale que les autres.
La loi de 1975 qui protège le français est utilisée contre le breton, comme d'ailleurs jusqu'ici l'édit royal de Villers-Cotterets de 1539, par les tribunaux républicains d'aujourd'hui. L'utilisation de la langue bretonne dans les documents juridiques et commerciaux, ainsi que dans la publicité est contraire à la loi française. Les factures ou les affiches de festoù-noz en breton sont donc illégales.

 

Le breton hors-la-loi

Le breton est ainsi, et tous ceux qui le parlent avec lui, formellement "hors-la-loi". La France, qui reconnaît les droits des minorités ethniques et linguistiques, sauf sur son sol, a toujours refusé de signer l'article 27 de la Déclaration des Droits Civils et Politiques qui l'obligerait à respecter les droits linguistiques des bretonnants. De même, elle refuse aujourd'hui de signer la Charte Européenne des langues minoritaires autochtones.

 

Sources : Article Kervarker : http://www.kervarker.org/fr/whatisbreton_01_noid.html

 

 

 

Développer le breton passe par l'enseignement et l'usage dans la vie quotidienne -menus, signalisation routière, panneaux de villes-. La région en prend conscience.....

Le premier terrain d'action reste bien sûr l'enseignement dans les écoles. Sur environ 800.000 enfants scolarisés en Bretagne, seuls 5.700 d'entre eux bénéficient d'un enseignement bilingue (breton-français), toutes filières confondues (Diwan, public, privé). Si le pourcentage reste encore insignifiant, l'impact de ce ces écoles est par contre très important sur la perception qu'ont les Bretons de leur langue. Le nombre d'élèves scolarisés en filière bilingue progresse par ailleurs tous les ans de 15 à 20%. Autre symbole important, les premiers élèves ayant suivi l'ensemble de leur scolarité à Diwan sont arrivés en juin 1997 au baccalauréat et l'ont tous passé avec succès. Par ailleurs, environ 16.000 élèves reçoivent un enseignement ou une initiation à la langue bretonne.

Les cours et les stages pour adultes connaissent également un grand succès. On estime à 9.300 les personnes ayant suivi un enseignement de la langue bretonne au courant de l'année 1998-1999 (cours du soir, stages ou cours par correspondance).

Une édition florissante

Il existe en breton une édition qui représente un dixième de ce qui est publié annuellement en Bretagne, soit entre 80 et 100 titres. Un grand nombre d'entre eux est destiné aux enfants. Il existe également une presse relativement variée, comprenant un mensuel d'informations générales, Bremañ.

  • Les stations de proximité de Radio-France accordent une place à la langue, surtout France Bleu Breiz Izel. Cette place, jugée trop modeste, suscite actuellement la création d'un réseau de radios associatives, diffusant majoritairement en langue bretonne.
  • A la télévision, la langue est présente tous les jours sur la moitié Ouest uniquement de la Bretagne pour cinq minutes d'informations locales. Deux magazines sont par ailleurs proposés : un de 25 minutes, diffusé sur tous les départements (sauf l'actuelle Loire-Atlantique), et l'autre, de 45 minutes, diffusé sur toute la Bretagne.

Signalisation bilingue

La présence de la langue bretonne se renforce dans la vie publique. Les départements des Côtes-d'Armor et du Finistère apposent systématiquement une signalisation bilingue sur les axes routiers départementaux. De nombreuses communes font de même sur leur territoire. La ville de Kemper/Quimper et celle de An Oriant/Lorient se sont lancées dans un plan ambitieux de bilinguisation de toute sa signalétique. Cette évolution est également perceptible au niveau économique. La langue est de plus en plus fréquemment utilisée dans la publicité, la signalétique des magasins.

L'attachement des Bretons à leur langue, mis en évidence par tous les sondages -montrant que 88% des Bretons pensent qu'il faut conserver la langue-, permet de rester optimiste.

Sources : Article Bretagne.com : http://www.bretagne.com/fr/culture/langue

 

Retour Armor en culture

Contact : armorpassion@yahoo.fr / postmaster@armorpassion.com