
L'histoire du drapeau breton
Le "Gwenn ha Du"
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Le Gwenn ha Du est le nom donné au drapeau breton et signifiant "Blanc et Noir". C'est un drapeau récent dans l'histoire de la Bretagne. Il s'agit d'une synthèse subtile des emblèmes que les Bretons utilisent depuis des siècles. Il est aujourd'hui utilisé et reconnu par tous les Bretons comme l'emblème fort de la Bretagne. Apolitique et esthétique, le Gwen ha Du apparaît aujourd'hui sur les frontons des mairies et institutions bretonnes et il représente la Bretagne et les Bretons à travers le monde entier.
Le Gwenn ha Du a été dessiné en 1923 par Morvan Marchal, un architecte et militant nationaliste breton. Il comporte neuf bandes horizontales alternées (5 noires et 4 blanches), avec au bord supérieur gauche un canton au semé d'hermines plain.
Au début du siècle, certains régionalistes désiraient un nouveau drapeau pour représenter la Bretagne car ils reprochaient au drapeau d'hermine plain d'être une bannière héraldique et non un vrai drapeau, être (à tort) la bannière de Mauclerc, considéré comme un mauvais souverain de Bretagne. Ils reprochaient également de pouvoir passer pour un drapeau royaliste légitimiste et de pouvoir être confondu de loin avec un drapeau de reddition. De plus, d'après Jakez Gaucher et Philippe Rault, Morvan Marchal, partisan de la gauche laïque anticléricale et franc-maçon, était opposé à titre personnel à la croix noire, symbole fortement teinté de christianisme.
Morvan Marchal composa donc un nouveau drapeau, le Gwenn ha Du. En 1937, il en décrivit la signification générale ainsi :
"J'ai donc pensé et continue à croire, qu'en conservant au maximum les hermines primitives, l'on pouvait composer un drapeau breton d'esprit moderne. En voici la signification : - Au coin gauche du drapeau, un quartier d'hermines innombrables. - Neuf bandes égales alternativement noires et blanches, couleurs traditionnelles, lesquelles représentent : les blanches, les pays bretonnants : Léon, Trégor, Cornouaille, Vannetais ; les noires les pays bretons gallos : Rennais, Nantais, Dolois, Malouin, Penthièvre. Ce drapeau, qui, je le répète, n'a jamais voulu être un drapeau politique, mais un emblème moderne de la Bretagne, me paraît constituer une synthèse, parfaitement acceptable de la tradition du drapeau d'hermines pleines (sic), et d'une figuration de la diversité bretonne.» Le quartier d'hermine est dit plain, c'est-à-dire sans nombre précis ; sur le drapeau toutefois les mouchetures sont habituellement au nombre de onze (depuis les années 1970) et disposées en quinconce sur 3 rangées l'une sous l'autre : 4, 3 et 4. D'autres drapeaux, plus rares en affichent 14 selon la séquence : 5, 4 et 5 ; ou 8, en séquence 3, 2, 3. La pointe inférieure des mouchetures est presque toujours représentée avec 3 pointes, comme c'est l'habitude depuis le XIXe siècle. Les 9 bandes rappellent les 9 pays historiques (appelées aussi pays et correspondant à peu près aux limites des anciens évêchés) ; schématiquement, la Cornouaille, le Léon, le Trégor et le Vannetais à l'ouest (dans ce qui est appelé communément la Basse-Bretagne) et les Pays Nantais, Rennais, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo et de Dol à l'est (Haute-Bretagne).
Les sources d'inspiration du Gwenn ha Du :
Avant que le Gwenn ha Du ne s'impose comme l'« emblème moderne de la Bretagne » (selon les termes de son créateur), le drapeau d'hermine, symbole du duché de Bretagne, en tenait lieu. Dès le XIXe siècle, le besoin d'identification se faisant sentir dans le mouvement breton, les drapeaux d'hermine, en différentes versions, ont ressurgi lors de nombreuses manifestations culturelles et religieuses (chrétiennes et druidiques). Juste avant la Grande guerre, on redécouvre le drapeau herminé à croix noire qu'utilise la Fédération régionaliste de Bretagne, mais il reste cantonné à des mouvements catholiques, notamment le mouvement scout Bleimor.
L'utilisation du Gwenn ha Du avant-guerre : Morvan Marchal était rédacteur du journal Breiz Atao et membre de différentes organisations nationalistes et autonomistes. Le drapeau qu'il créa fut utilisé comme emblème par ces mouvements et aussi pour représenter la Bretagne à l'extérieur. La première grande apparition du drapeau date de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925. Marcel Cachin, directeur du journal L'Humanité et l'un des fondateurs de l'Association des Bretons émancipés, organisation proche du PCF, ainsi que Eugène Reigner adoptent ce drapeau en 1925 comme emblème des cercles celtiques. Le Parti autonomiste breton (PAB) l'adopte à son tour lors du congrès de Rosporden le 10 septembre 1927. Le PAB regroupe nationalistes, autonomistes ou fédéralistes. Il fut également choisi en 1937 pour flotter sur le pavillon de la Bretagne de l'Exposition universelle où exposaient les artistes modernistes bretons regroupés dans le mouvement Ar Seiz Breur. En 1937-38, le Gwenn ha Du commence à être connu et donne lieu à une querelle : par journaux interposés, les tenants du drapeau d'hermine dit "traditionnel" défendent leur drapeau face aux tenants du Gwenn ha Du, drapeau dit "moderne". Les "modernistes" proches de Breiz Atao utilisent surtout le Gwenn ha Du, alors que les pèlerins des pardons et autres fêtes religieuses utilisent le drapeau d'hermine. Le Gwen ha Du est même qualifié de "fasciste" par la petite revue catholique nationaliste "War Du ar Pal".
La popularité du Gwenn ha Du après la seconde guerre mondiale : Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le Gwenn ha Du se fait discret. Petit à petit il s'impose progressivement face au drapeau herminé. Au cours des décennies 1950 et 1960, le Gwenn ha Du est de nouveau utilisé par les mouvements culturels bretons. On le voit dans les défilés, les grèves ouvrières, les manifestations d'étudiants. Le 27 mai 1965, l'équipe de football de Rennes l'emporte sur Sedan lors d'un match comptant pour la coupe de France, et c'est un déferlement de Gwenn ha Du. L'onction populaire touche le nouveau drapeau breton, qui devient LE drapeau breton. Le 3 octobre 1972, lors d'une manifestation à Paris, un manifestant téméraire l'accroche sur la flèche de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Aujourd'hui, la connotation politique du Gwenn ha Du est devenue accessoire : il représente la Bretagne et non plus un parti politique précis. Le drapeau flotte sur la plupart des mairies et sur de très nombreux bâtiments publics, symbole d'unité (c'est le même drapeau que l'on trouve dans toute la Bretagne) et de diversité (par le rappel des anciens découpages territoriaux). Il est de toutes les fêtes bretonnes ; dans les défilés, la tradition veut que le porte-drapeau le tienne à bout de bras ; il est couramment affiché dans les salles où se tiennent des festoù-noz. Le spationaute français Jean-Loup Chrétien l'a emporté avec lui dans l'espace. En novembre 2006, sur les images retransmises en France du départ du marathon de New-York, on a pu le voir porté par un coureur. Les boutiques d'articles de tourisme le déclinent volontiers sous forme d'autocollant, de cartes postales, de logo associés aux articles "typiquement bretons", etc. À partir de 2009, les plaques d'immatriculation françaises pourront recevoir à droite une marque distinctive régionale. Le 13 octobre 2006, le conseil régional de Bretagne a choisi à l'unanimité le Gwenn ha Du. Le drapeau d'hermine n'a pourtant pas disparu, il est encore utilisé par plusieurs bagadoù et peut se voir occasionnellement ailleurs. De même, le "Kroaz du" non herminé se voit de-ci de-là, surtout en mer. À noter que la région Bretagne utilise le Gwenn ha Du à côté d'un drapeau chargé de son logo, dont la nouvelle version réalisée en 2005 comporte une moucheture d'hermine.
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Sources :
Article Geobreizh : http://gwennhadu.geobreizh.com/www/gwennhadu/histoire.asp
Article Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Bretagne
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