Saint Yves

 

 

Saint Yves est le plus grand des saints bretons.

Il est l'un des patrons des marins, mais c'est surtout le patron des juristes, des magistrats, avocats, avoués et des professeurs de droit.

 

Saint Yves Hélory de Kermartin, Yves de Tréguier ou simplement Saint Yves, est né vers 1250 et mort en 1303.

En breton, il est appelé Sant Erwan dans le Trégor, Iwan, Youenn ou Eozen dans d'autres régions.

Prêtre et official du diocèse de Tréguier, il a consacré sa vie à la justice et aux pauvres. L'église catholique l'a reconnu Saint et le fête le 19 mai.

 

 

La vie de Saint Yves

Yves Hélory (ou Héloury) est né au milieu du XIIIe siècle dans une famille noble au manoir de Kermartin sur la paroisse de Minihy-Tréguier. À l'âge d'environ 14 ans, il part étudier à Paris, accompagné de son précepteur Jean de Kergoz (Kerc'hoz). Il y fait ses humanités, suivant des cours de théologie probablement à la Sorbonne. Ces premières études achevées, il étudie le droit à l'université d'Orléans dont la faculté est réputée à travers toute l'Europe à cette époque.

Dès cette époque, il se fait remarquer par sa vie de privation en faveur des pauvres. Ses études achevées, il revient travailler en Bretagne, à Rennes dans un premier temps, où il devient conseiller juridique du diocèse. L'évêque de Tréguier remarque ses talents et le presse de revenir à Tréguier. En 1284, l'évêque de Tréguier le nomme official, l'ordonne prêtre et lui confie successivement les paroisses de Trédrez et de Louannec, proches des terres de son enfance.

Il étonne ses paroissiens en prêchant en breton, alors que ses prédécesseurs le faisaient en latin, rendant ainsi accessible au peuple la compréhension de l'Évangile et de son message. Il se déplace beaucoup à pieds dans la région de Tréguier, est vu plusieurs fois dans la même journée à des lieux différents et de bonne distance. Les gens l'apprécient pour sa façon de rendre la justice, il est réputé pour son sens de l'équité qui lui interdit de privilégier le riche sur le pauvre.

 L'enquête de canonisation nous fournit un certain nombre de témoignage sur ce que fut sa vie et la manière dont les gens le percevaient saint Yves, ceux qui l'ont connu témoignent, ceux qu'il a guéris racontent. Un certain nombre de faits sont ainsi rapportés sur la manière dont Yves Héloury rendait justice. Ainsi à Rennes, doit-il traiter une affaire opposant un aubergiste à un mendiant. Ce dernier est accusé par le premier d'avoir été pris à roder autour des cuisines, comme l'aubergiste ne peut l'accuser d'avoir volé de la nourriture, il l'accuse de se nourrir des odeurs de sa cuisine… Le jugement a dû en étonner plus d'un ! Yves Héloury prend quelques pièces dans sa bourse et les jette sur la table devant lui; l'aubergiste tend la main pour les prendre mais saint Yves retient sa main. L'aubergiste s'exclame : « c'est à moi » Yves lui répond « ah non ! le son paye l'odeur, à cet homme l'odeur de ta cuisine, à toi le son de ces pièces ! ».

En arrière-fond de ce petit épisode plutôt amusant, saint Yves sera reconnu par les démunis comme l'avocat qui fait justice aux pauvres et ne tient pas compte de la condition sociale. C'est ainsi qu'autrefois dans un vieux cantique populaire, on le fêtait en chantant « Sanctus Yvo erat brito; advocatus sed non latro, res admirabilis populo », « Saint Yves était breton, avocat mais pas voleur, chose chose admirable pour le peuple ! ».

 

 

         

 

Son attachement aux pauvres et au soulagement de leur misère est de notoriété publique. Il a dû bien scandaliser sur le moment ces deux femmes qui bavardaient près de l'Hôtel Dieu à Tréguier. Elles rapporteront le fait au procès de canonisation. Y rentrant pour visiter quelques malades, environ une heure après, il en sort à moitié nu et passe devant elles en courant vers Minihy où se trouve son Manoir. Les femmes se demandent ce qui a bien pu se passer, elles entrent dans l'Hôtel Dieu et remarquent qu'un malade à telle partie de ses vêtements, un tel une autre, etc.

On lui prête également des miracles comme d'avoir sauvé des gens de la noyade. Après une vie d'ascèse, de prière et de partage, mangeant très peu et vivant très pauvrement en distribuant ce qu'il a (il ne mangeait que deux œufs le jour de Pâques et tenait table ouverte pour les pauvres en son manoir), Yves Hélory s'éteint le 19 mai 1303. Ses obsèques à la cathédrale de Tréguier sont l'objet d'un faste et d'une ferveur populaire extraordinaire ; pour tous, il devient le « mirouër des ecclésiastiques, avocat et père des pauvres, veuves et orphelins ».

 

Testament de Saint Yves

 

Vénération et iconographie

Moins de 50 ans après sa mort, en 1347, le pape Clément VI lui accorde la sainteté. Son culte, resté très vivace en Bretagne, s'est répandu dans toute l'Europe, jusqu'à Rome où deux églises lui sont dédiées. En effet, dès la première moitié du XVe siècle, monseigneur Alain de COETIVY obtint du pape Nicolas V la concession d'une église bâtie probablement au XIIe siècle et placée alors sous le patronage de saint André. Par bulle du 16 septembre 1455, Callixte III, successeur de Nicolas V, ratifiait cette décision. Cette vieille église (probablement dans le style de Santa Maria in Cosmedine à Rome) fut détruite en 1875 pour cause de vétusté et reconstruite dans le même temps plus petite dans un style néo-renaissance florentine. Un tympan en terre cuite vernissée surmonte la porte d'entrée principale et représente au centre une Vierge à l'Enfant, à sa droite saint Yves et à sa gauche saint Bernard. L'ancienne église conservait de nombreuses pierres tombales de bretons décédés à Rome et enterrés dans l'église. Elles ornent aujourd'hui le cloître de Saint-Louis-des-Français à Rome. La façade a été restaurée pour l'année 2003, année du septième centenaire de la mort du saint. Cette petite église dite « Saint-Yves-des-Bretons » (Sant'Ivo dei Bretoni), située au n°8 Vicolo della Campana se visite sur demande auprès du recteur de Saint-Louis-des-Français. Le 19 mai, chaque année, une messe en français y est célébrée en l'honneur de saint Yves.

La seconde église dédiée au saint s'appelle Sant'Ivo alla Sapienza. Eglise originale en particulier par la tour qui la surmonte représentant la tour de Babel. Elle fut construite entre 1642 et 1660 par Borromini dans l'enceinte du Palazzo della Sapienza abritant alors le Studio Romano qui devint ensuite l'université de Rome (jusqu'en 1935). À l'intérieur de l'église, se trouve un retable représentant Saint Yves commencé par Pierre de Cortone (1596-1669) et achevé par un ou plusieurs de ses élèves. D'autres églises furent consacrées à Saint Yves à travers l'Europe : en Espagne, en Allemagne, et aux Pays-Bas.

Il est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle des avocats. Chaque 19 mai, à Tréguier (Côtes d'Armor), une délégation de ces professions accompagne le pardon à saint Yves qui est une des grandes fêtes religieuses bretonnes, au même titre que le pardon de Sainte-Anne-d'Auray.         

On le représente généralement avec une bourse dans une main, pour signifier tout l'argent qu'il a donné aux pauvres dans sa vie, et un parchemin dans l'autre, qui rappelle sa charge de juge ecclésiastique. Il est également souvent figuré entre un homme riche et un homme pauvre.

Le 15 février 1420, Jean V fut fait prisonnier au cours d’un get-apens. Craignant pour sa vie, le Duc fit le vœu d’élever une chapelle et un tombeau à Saint-Yves dans la cathédrale de Tréguier. Libéré, le Duc réalisa sa promesse en donnant l’équivalent en argent de son poids en armure. Le Duc lui-même fut enterré dans la chapelle Saint-Yves.
En 1793, les deux tombeaux furent détruits lors du passage du bataillon d’Etampes.
Le tombeau de Saint-Yves fut reconstruit à l’identique de 1886 à 1889.
    
Le tombeau de Saint-Yves se trouve à l’intérieur de la Cathédrale Saint-Tugdual à Tréguier.

    

 

 

 

Egalement, à Minihy-Tréguier se trouve la chapelle édifiée par Saint Yves Hélory. Dans le cimetière est visible ce qui localement est appelé "tombeau de saint Yves" mais qui est très probablement l'autel de la chapelle, percé d'une arcade, que fit construire le saint et qui serait disposé à cet endroit parce que s'y trouvent les tombes de la famille de saint Yves.

D'après la légende, les pèlerins doivent passer trois fois sous cet arc, à genoux, pour obtenir la réalisation de leur voeu.

 

 

                     

 

Sources : Article Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_H%C3%A9lory_de_Kermartin

                       Article Tregor.fr : http://www.tregor.fr/patrimoine.php?numero=307

 

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