
Alizés
Philippe Brasseur
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Pieds nus courant après les Alizés
Dans un désert de cendre il passait,
Note extrême dans des nuages orangés,
Sueurs, souffle court, langue desséchée.
Pieds nus courant après les Alizés,
Dans sa poitrine son coeur veut éclater;
Larmes aux yeux rougis, poings serrés,
Son sang dans sa tête prête à éclater.
Dans l'infini clarté d'opale de la nuit,
Au-delà des océans furieux de l'ennui,
Dort une douce hermine au teint soyeux.
Ange blond aux célestes et doux yeux.
Ses lèvres corail délicat et fin,
Laissent passer un souffle divin,
Palette de rose, fraîche aquarelle,
Caressant dans sa nuit de fine dentelle.
Tous deux n'ont pas vu ce cher enfant;
Jouant à la poupée dans le jardin du temps,
Robe blanche rayonnant de candeur,
Cheveux bouclés, poupée du bonheur.
Tous deux n'ont pas vu le tendre enfant,
Tombé, roulant dans la poussière du néant,
La poupée tournait dans le vide, une mère en pleurs,
Erreur humaine, guerre ! Son enfant se meurt.
Pieds nus courant les Alizés,
Regard, sourire d'une enfant poupée,
Toi laisse passer un souffle divin,
Redonne-nous l'enfant au matin.
Pieds nus courant après les Alizés,
Un Dieu a oublié ce qu'il a crée,
Il laisse mourir les enfants du bonheur.
Un Dieu a oublié son paradis de malheur.
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