Je connais des îles lointaines

Extrait

Louis Brauquier

© 1994 (Ed. La Table Ronde)

 

 

Alors, les oiseaux froids émigrent vers les Iles
Malheureuses, dérivantes sur l'Atlantique,
Sous leur suaire de brouillards, dont les navires,
Aveugles, traversent la frange à la corne à brume.

Ah ! encore une fois, entendre ces appels
Dans l'inquiétude inavouée des basses terres,
Angoissants, angoissés, par une longue nuit,
Peut-être sans lendemain.

Peut-être sans lendemain. Et le vent de la mer
— Qui parle, se répète et n'écoute jamais —
De ses doigts gantés de glace touchant les harpes
De la tempête, poussait au large, le tonnerre
Irresponsable de grands paroles émergées.

 

 

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